1889 › LE CACHET À COLLYRES DE VILLERÉAL

Ces cachets servaient à l'oculiste à estampiller sa préparation pharmaceutique...| - Specimen trouvé en Alsace. (DR)

Dans son édition de juillet 1894, "La Revue Archéologique", éditée à Paris, rendait compte de la trouvaille faite à Villeréal, vers la fin des années 1880, d'un cachet à collyres.

Il s'agit de petites pierres gravées en creux qui servaient aux oculistes romains à imprimer leur "ordonnance" sur les préparations pharmaceutiques destinées à soigner les affections oculaires...



Dans l'article de La Revue Archéologique, Émile Espérandieu faisait la description suivante du cachet trouvé à Villeréal :

Le cachet à collyres de Villeréal, dans la Revue Archéologique (1894) -  - BnF - Gallica
>>>> Pour agrandir les images, si possible : clic droit / Afficher l'image

 Dans une vidéo du CNRS (voir au bas de la page), l'universitaire Muriel Labonnelie, chercheuse en histoire de la médecine gréco-romaine, explique :

— « Les ingrédients qui entraient dans la composition des collyres étaient broyés sur une tablette en pierre puis mélangés à de l’eau ou de la gomme liquide. La pâte ainsi obtenue était modelée en forme de petits pains qui recevaient l’empreinte du cachet avant séchage. Ces préparations à base de végétaux, de substances animales (corne) ou de métaux tels le cuivre, le fer, le plomb ou le zinc, étaient délayées à l’aide d’un excipient - de l’eau ou de l’œuf - avant d’être appliquées sur l’œil.»

Gravée sur les flancs du cachet, la formule du collyre... -  - DR
>>>> Pour agrandir les images, si possible : clic droit / Afficher l'image

C'est ainsi que l'on retrouve souvent, gravés en creux dans les flancs de ces petites tablettes de stéatite, des éléments tels que :
    • le nom de l'oculiste,
    • le nom du collyre prescrit au patient,
    • la maladie pour laquelle il était prescrit,
    • le mode d'utilisation du produit.

On sait toutefois peu de choses sur ces cachets. Leur réalité est un fait puisque en Germanie, aux îles britanniques et en Gaule surtout (ce qui correspond à la fin de la conquête romaine), on a recensé environ 350 specimen. Mais on ne dispose d’aucun texte attestant de leur utilisation. Pas même évoquant leur existence.

Une autre question demeure sans réponse : pourquoi n’a-t-on trouvé de tels objets que pour les affections oculaires ?

Un beau specimen de cachet à collyres conservé au musée romain de Lausanne (Suisse) - - Photo DR
>>>> Pour agrandir les images, si possible : clic droit / Afficher l'image

Quant au cachet à collyres trouvé à Villeréal, nous ne disposons, pour l'heure, d'aucune autre information, encore moins de gravures ou de photos. (Celles qui figurent ci-dessus proviennent d'autres sites.)

♦   Voir aussi  |  La vidéo du CNRS : « Le 346e cachet à collyres » avec Muriel Labonnelie (Lire ici...)


Texte & illustration : Jean-Paul Epinette